16.11.2006

un petit bonjour

alors que je viens de faire réviser Alphonse Daudet , je ne sais comment je me retrouve à découvrir qui sont Zig et Puce !!! Bref , j'apprends qu'il s'agit de la première B.D à bulles, et qu'Alfred, le non moins célèbre pinguoin compagnon de nos deux protagonistes, est devenu l'emblème du festival de la bande-dessinée d'Angoulême.

J'adore découvrir ces petites anecdotes au détour du net !!!

A part ça, j'adresse un salut automnale à ceux qui me rendent visite, courageux que vous êtes! car je n'y dis plus grand'chose. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles se diront les optimistes, mais ce n'est qu'un dicton.....medium_alfred.jpg

 

07.04.2006

Les deux pigeons

medium_09-02.jpgDeux Pigeons s'aimaient d'amour tendre.
L'un d'eux s'ennuyant au logis
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ?
Voulez-vous quitter votre frère ?
L'absence est le plus grand des maux :
Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux,
Les dangers, les soins du voyage,
Changent un peu votre courage.
Encor si la saison s'avançait davantage !
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau
Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau.
Je ne songerai plus que rencontre funeste,
Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut :
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut,
Bon soupé, bon gîte, et le reste ?
Ce discours ébranla le coeur
De notre imprudent voyageur ;
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète
L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point :
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ;
Je reviendrai dans peu conter de point en point
Mes aventures à mon frère.
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère
N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint
Vous sera d'un plaisir extrême.
Je dirai : J'étais là ; telle chose m'advint ;
Vous y croirez être vous-même.
A ces mots en pleurant ils se dirent adieu.
Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage
L'oblige de chercher retraite en quelque lieu.
Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage
Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage.
L'air devenu serein, il part tout morfondu,
Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie,
Dans un champ à l'écart voit du blé répandu,
Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie :
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las,
Les menteurs et traîtres appas.
Le las était usé ! si bien que de son aile,
De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin.
Quelque plume y périt ; et le pis du destin
Fut qu'un certain Vautour à la serre cruelle
Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle
Et les morceaux du las qui l'avait attrapé,
Semblait un forçat échappé.
Le vautour s'en allait le lier, quand des nues
Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues.
Le Pigeon profita du conflit des voleurs,
S'envola, s'abattit auprès d'une masure,
Crut, pour ce coup, que ses malheurs
Finiraient par cette aventure ;
Mais un fripon d'enfant, cet âge est sans pitié,
Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié
La volatile malheureuse,
Qui, maudissant sa curiosité,
Traînant l'aile et tirant le pié,
Demi-morte et demi boiteuse,
Droit au logis s'en retourna.
Que bien, que mal, elle arriva
Sans autre aventure fâcheuse.
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ;
J'ai quelquefois aimé ! je n'aurais pas alors
Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,
Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux
De l'aimable et jeune Bergère
Pour qui, sous le fils de Cythère,
Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah ! si mon coeur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ?
Ai-je passé le temps d'aimer

Jean de La Fontaine

01.02.2006

L'amour par terre

Le vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour
    Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,
    Souriait en bandant malignement son arc,.
    Et dont l'aspect nous fit tant songer tout un jour !

    Le vent de l'autre nuit l'a jeté bas ! Le marbre
    Au souffle du matin tournoie, épars. C'est triste
    De voir le piédestal, où le nom de l'artiste
    Se lit péniblement parmi l'ombre d'un arbre,

    Oh ! c'est triste de voir debout le piédestal
    Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont
    Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond
    Évoque un avenir solitaire et fatal.

    Oh ! c'est triste ! - Et toi-même, n'est-ce pas ? es touchée
    D'un si dolent tableau, bien que ton œil frivole
    S'amuse au papillon de pourpre et d'or qui vole
    Au-dessus des débris dont l'allée est jonchée

Paul Verlaine "Fêtes Galantes"

29.01.2006

Du quotidien

"entre les murs" François Bégaudeau. Intéressant de lire sa propre vie entre les lignes d'un autre. Un collègue raconte son quotidien dans son collège parisien "intra muros". Ici dans mes murs, ceux de ma salle de classe de province, c'est quand même beaucoup plus calme, mais le fond , le découragement, l'épuisement, la confrontation, la reproduction sont les mêmes. J'en suis pour l'instant témoin, pas encore atteinte.........medium_entrelesmurs.jpg

28.01.2006

La Chute

La Chute d'Albert Camus est la confession d'un homme qui a été le témoin d'un drame dans lequel il a choisi de ne pas intervenr. Juge-pénitent, il fait seul son procès pour mieux juger les autres. Jean-Baptiste Clamence est d'une lucidité féroce et decouvre dans la solitude l'origine du malmedium_lachute.jpg.

16.01.2006

Les séparés

N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !

N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !

N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !

N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur.
N'écris pas !

Marcelline Desbordes Valmoremedium_lesamantsmagritte.jpg

27.11.2005

On est gâté !

en ce moment sur France-Inter (et si vous lisez cette note trop tard ou que vous vous vouliez siester crapuleusement, vous pourrez écouter l'émission ici http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emission... ), des interviews  de Joyce Carol Oates, puis Alberto Manguel !!!! Yes, génial, génial, génial !!!!!medium_chutes.jpgmedium_reading.gif

06.11.2005

Dimanche d'automne

Ici l'on passe
Des jours enchantés !
L'ennui s'efface
Aux coeurs attristés
Comme la trace
Des flots agités.

Heure frivole
Et qu'il faut saisir,
Passion folle
Qui n'est qu'un désir,
Et qui s'envole
Après le plaisir !

Gérard de Nerval "Choeur d'amour"medium_automne.jpg

04.11.2005

Parler du Goncourt

Voici donc le roman dont François Weyergans a mis des années à devenir l'auteur. Voici, sorti d'une nuit sans fin et publié sous la couverture solaire des Editions Grasset, le livre que l'on attendait toujours mais qu'on n'espérait plus. Certains prétendaient que Weyergans peinait à le finir ; d'autres juraient qu'il ne l'avait jamais commencé. C'était devenu le roman fantôme d'un écrivain invisible. Maintenant qu'on l'a lu, on continue pourtant à se demander s'il existe vraiment. Car « Trois Jours chez ma mère » est le récit d'un auteur qui n'arrive pas à écrire «Trois Jours chez ma mère». Ou plutôt, qui s'ingénie à faire en sorte que tout, dans sa vie quotidienne, ses méditations d'insomniaque, ses affres mélancoliques, ses scrupules de lexicographe et ses ambitions démesurées, le détourne de son projet littéraire. Lequel est de saluer sa mère, dans la double acception du verbe : l'honorer et lui rendre visite. Après «Franz et François», où il portraiturait son père, écrivain belge, catholique, apôtre de la famille nombreuse, champion de l'effort sur soi, mort d'un arrêt cardiaque au milieu des années 1970, Weyergans déclare sa flamme à sa mère, dont la pétulance, la gourmandise, la vivacité d'esprit, l'insolent amour de la vie n'en finissent pas de l'épater, lui l'inconsolable désemparé... De digression en dépression, on arrive à la page 160 où commence pour de bon, promis par Weyergans et signé par Weyergraf, «Trois Jours chez ma mère». C'est un nouveau leurre, bien sûr. Pas de mère à l'horizon. Mais une jeune femme grenobloise avec laquelle il a une brève et torride aventure. Par quel miracle arrive-t-il in fine à retomber sur ses pieds, je ne vous le dirai pas mais c'est un joli salto arrière. «Je ne t'ai pas donné une fin pour ton livre, lui murmure sa mère, mais je t'ai donné une chute.»... Tous les romans de François Weyergans ont été arrachés à l'angoisse de perfection et à la souffrance de devoir, en mettant un point final, se séparer d'eux. Somme toute, il n'arrive pas à couper le cordon. Ce fils aimant a, pour ce qu'il écrit, des yeux de mère abusive, exclusive. «Trois Jours chez ma mère», c'est une vie entière en salle de travail à griffonner, raturer, déchirer, recommencer, douter, espérer, retoucher, abandonner, accoucher - et c'est, dans l'atelier de la littérature contemporaine, une des aventures les plus troublantes et passionnantes qui soient.

Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 22 septembre 2005

02.11.2005

Belle âme

Après "Les âmes grises", Philippe Claudel publie "La Petite fille de Monsieur Linh" : un vieil homme, pris dans des guerres sans fin, a dû quitter son pays. Seul avec un bébé, sa petite fille, il doit vivre, survivre, pour elle.

Philippe Claudel : Je crois qu’un roman, c’est comme une grande chaudière qu’on bourre de bois, de charbon, de coke, à la limite de vieux vêtements, de soieries, mais aussi de pantalons troués, et tout cela donne un feu qui est assez étrange à contempler et qui parfois brûle, mais qui parfois réchauffe aussi. C’est vrai que l’amour, par exemple, est un sentiment omniprésent dans les romans, c’est un des grands piliers de la littérature, mais l’amitié, qui est un sentiment assez rare dans la vie, n’est pas un matériau romanesque assez fréquent, et quand j’ai vu finalement que se dessinait cette histoire d’amitié, j’étais moi-même ému chaque jour quand je me mettais devant l’ordinateur et que je retrouvais ces deux hommes, quoi…medium_claudel.jpg

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